Principes, législation et contrôle de l'instruction en famille

Consultez les sections ci dessous

L’instruction en famille (ou « école à domicile ») est légale dans le canton de Vaud.

C’est un mode d’instruction qui trouve son origine dans l’histoire. En effet, avant l’instauration de l’instruction obligatoire (il n’y a que 150 ans environ pour l’école primaire et 60 ans à peine pour le niveau secondaire, dans les premiers cantons !), les enfants étaient pour la plupart élevés en famille.

La volonté politique de favoriser l’égalité des chances (soit la possibilité pour les enfants de classes sociales défavorisées d’accéder à un poste jusqu’alors inaccessible et d’échapper ainsi à un destin tracé par l’activité des parents ; la possibilité pour les filles de pouvoir accéder à une profession) a été à le moteur noble et avoué de cette révolution sociale de la vie des familles. Moins avouable a été le but de pourvoir, par cette mesure de scolarisation, les besoins concomitants et très importants en main d’œuvre de la révolution industrielle (il fallait faire garder les enfants pour que les deux parents puissent travailler dans l’industrie et ainsi contribuer à la prospérité du pays, mesurée non pas à l’aune de la qualité de vie des habitants ou de la vie de famille mais des bénéfices atteints d’une minorité). Ce double phénomène (éloignement des parents de la fabrication et des savoirs-faire leur permettant de vivre de manière autonome ; éloignement des enfants du monde du travail et favorisation des acquis intellectuels par rapport à ces savoirs-faire) allait créer une dépendance à la consommation salutaire de ce point de vue. Dans ce modèle, qui perdure aujourd’hui, l’instruction à domicile fait figure de mauvais élève, quand elle n’est pas perçue comme menaçant les valeurs qui le sous-tendent.

Depuis quelques années cependant, des familles de plus en plus nombreuses dont le mode de vie est pourtant compatible avec une insertion des enfants en milieu scolaire, ont choisi de prendre en charge l’éducation de leurs enfants. Ce mouvement ne cesse d’évoluer dans le monde, au point qu’il est qualifié aujourd’hui par les chercheurs de véritable mouvement social des pays industrialisés.

Pour ces familles, l’instruction à domicile est perçue comme un luxe qu’elles peuvent aujourd’hui s’offrir et offrir à leurs enfants grâce au travail à temps partiel, à une offre culturelle importante qui se trouve à « un clic de souris », au développement du e-learning, à nos possibilités accrues de voyager, etc. Elle permet de concilier les besoins d’une bonne instruction avec une absence de pression aux apprentissages, de jugements de valeur, une optimisation du temps passé dans l’apprentissage des matières académiques, un meilleur respect du rythme et des besoins de l’enfant, un meilleur développement de sa créativité, de son autonomie et de sa confiance en lui, une croissance dans un milieu sécurisé, la possibilité d’avoir de grands espaces pour le jeu et l’initiative personnelle, une socialisation naturelle par son contact quotidien avec « la vraie vie », une grande liberté d’organisation et de déplacements pour la famille, ou encore une meilleure qualité des relations familiales.